Dans nos sociétés africaines, de miliers d’enfants en moyenne par an, sont obligés de dire Adieu aux portes de l’école en dépit de leur mécontentement. Pas parce qu’ils ne sont pas prédisposés, pas parce qu’ils ne sont pas intelligents, pas parce qu’ils ne disposent pas des facultés nécessaires pour y parvenir ! Mais juste parce que pendant longtemps, leurs proches ont eu à leur faire comprendre qu’ils sont différents de leurs pairs.
Il n’est pas rare de constater et d’entendre chez nous en Afrique, dans nos écoles ou dans notre environnement proche, dès qu’un enfant à des difficultés de maîtrise de notions ou tarde à les maîtrisées, qu’il s’est trompé de chemin en choisissant la voie de l’école. Cette manière de le dire est encore trop commode. Une traduction littérale de m’a langue dit à l’enfant « Toutes les têtes ne sont pas faites pour l’école. Une tête incapable d’acquérir des notions scolaires, garderas des fagots ». C’est triste, c’est tout simplement choquant et cela constitue une routine dans nos sociétés africaines et presque rien n’est fait pour dire NON.
Combien de nos enfants ont abandonnés les classes au nom d’un quelconque préjugé aux conséquences lourdes ?
Je suis sortie de mes sentiers battus, ce jour où j’ai réalisé que les stéréotypes avaient des pouvoirs de destruction inimaginables.
QU’ONT-ILS FAIT DE TOI ?

Il s’appelle Koffi et à l’époque n’arrivait toujours pas à faire de la lecture jusqu’en classe de CE2. Fréquemment classé dans la rangée des morts, cet ancien camarade s’est vu dans l’obligation d’abandonner l’école, car ne pouvant justement plus supporter les moqueries dont il faisait objet de la part de ces camarades. Je ne puis vous dire combien de fois c’est attristant, c’est choquant et humiliant d’être classé après chaque composition dans cette rangée appelé « les morts » pendant que d’autres sont classés parmi celle des « peu vivant » et celle « des vivants ». J’ai vécu cette stigmatisation parce que j’ai été aussi classé à l’époque dans la rangée des morts parce que j’éprouvais des difficultés à réussir des opérations. Bref, j’étais vachement nul. Il m’arrivait de me cacher et de pleurer parce qu’aucun moyen n’est négligé par les autres camarades pour te montrer que tu es inférieur à eux. Pire, j’étais une fille. Je pensais que tout cela faisait partie de ma vie passée. Erreur, l’autre moi, activiste et engagé pour être la voix des sans voix est né quand, 14 ans plus tard j’ai revu Koffi, devenu apprenti menuisier pendant que j’étais en 3ème année d’université. J’ai été terrifié sur le coup et triste pendant plusieurs jours, parce que je me suis dit qu’il n’a rien fait pour mériter ce sort. Ce Koffi aurait pu être moi. Ce Koffi aurait pu être vous qui me lisez.
Voilà comment j’ai sacrifié quelques heures de mes cours et de loisirs pour chercher à comprendre ce qui a bien pu arriver à Koffi, pour qu’il ne soit pas en mesure de faire de la lecture jusqu’en classe de CE2 malgré sa bonne intelligence.
J’ai découvert les fameuses troubles de l’apprentissage qui ne sont pas une fatalité. Certes, ils sont de plusieurs ordres mais se guérissent avec quelques séances de suivi médical.
« Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qui gagne. L’alphabet que l’enfant avec le doigt épèle contient sous chaque lettre une vertu. Donc au petit enfant, donner le petit livre » a dit Victor HUGO.
Le manque d’information a désorienté le parcours scolaire de bons nombres de nos enfants en Afrique et nos préjugés en ont détruit davantage.
MARAKANTA, un rêve qui se réalise pour que tous les enfants aient droit à l’éducation sans discrimination aucune.




















