
Les filles et les garçons reçoivent un enseignement considéré comme identique quel qu’en soit le type de système éducatif, mais qu’en est-il réellement ? Dans la masse et dans le temps, combien d’entre ces filles parviennent-elles à finir leurs études et qui plus est, assorties d’un diplôme ? L’autre analyse amène à s’apercevoir que, malgré une meilleure réussite des filles à l’école (en termes de durée moyenne des études, de niveau moyen des diplômes, de taux de réussite aux examens), elles sont toujours sous-représentées dans les filières prestigieuses et porteuses d’emploi. Par la suite, les femmes rencontrent plus de difficultés dans leur trajectoire professionnelle : elles sont plus souvent que les hommes confrontées au chômage, aux emplois précaires, au temps partiel contraint et souvent moins bien rémunérées. De toutes ces analyses, je me pose la question de savoir ce qui s’est passé entre temps ! Pourquoi ces inégalités persistent-elles encore au sein d’une société qui clame pourtant son adhésion aux valeurs d’égalité entre les individus ?
Ma plus grande préoccupation est celle-ci : Comment favoriser une véritable éducation à l’égalité ?

Vous savez, au prime abord, je voudrais vous livrer chers lecteurs avec amertume, ma profonde déception de cette société qui évolue tel quel, et mieux se détériore. Des témoignages oraux, dans les documents livresques et aujourd’hui je le vois, je le lis et je le constate encore ; C’est décevant de connaître encore ce temps où les rôles, les fonctions, les places, la valeur, les capacités et le pouvoir sont sexués ; cet état de chose qui amène aux discriminations genrées. En vérité, il en sera peut-être ainsi demain… NON il en sera certainement ainsi si les personnes, les pouvoirs et les voix habiletés à nous aider refusent davantage de le faire en continuant à nous miroiter un plausible changement d’ère.
Quels sont les facteurs qui créent et favorisent les inégalités ?
Sur le rôle de la famille…
Alors même qu’ils vivent ensemble, filles et garçons ne sont pas élevés de la même manière. Avant même l’éducation par la parole, les enfants sont socialisés par les postures, les vêtements, les jouets, les couleurs, les espaces structurés. Une différenciation très nette est introduite dans le monde familier de l’enfant qui lui transmet les valeurs et les attentes de son entourage. Tous les éloges, tous les échanges, qu’ils soient explicites ou insinués contribuent à emmener l’enfant vers le rôle sexué lié à son sexe physique. Par exemple, de manière très simple nous connaissons ou avions connues des faits qui sont passés inaperçus mais qui ont changé le cour de notre vie, de nos rêves et de nos décisions. Les parents autorisent plus de dépassement et une limitation dans les déplacements des garçons et des filles, ils font une différence dans les dépenses effectuées sur eux, ils ont tendances à apprécier et interpréter différemment les comportements des enfants « colère » pour les garçons et « caprice » ou « peur » chez les filles, délimitent les possibles pour leur développement et leur choix. A cela s’ajoute l’éternel inégal du partage domestique.
À partir du moment où les enfants se socialisent, même s’ils reçoivent la même éducation, ils se divisent en groupes sexués en se persuadant de ce qu’ils sont meilleurs ou moins meilleures, d’où le dénigrement mutuel entre filles et garçons avant la puberté. L’enfant en quête de signes de différences en termes de représentation sexuée (il souhaite appartenir à un sexe et avoir un rôle en fonction de ce sexe) accepte les stéréotypes sociaux.
Sur le rôle de la pauvreté et de la place traditionnelle des filles et des femmes…
Chez moi ici au pays et ailleurs, dans une situation économique précaire, les parents se sentent obligés d’avoir recours à des pratiques néfastes pour leurs enfants : mariages forcés et précoces, travail infantile, déscolarisation, etc. Dans certaines régions, les filles sont considérées comme un fardeau, ce sont les premières à être victimes de ces inégalités et discriminations, devant leurs frères.
Sur le rôle de l’ignorance des lois et la méconnaissance des droits…
Chez moi ici au pays et dans beaucoup d’autres, il n’est pas rare de voir et de constater un taux très fort de l’analphabétisme des femmes. Bien évidemment c’est la résultante des faits ayant longtemps et continuent même de jalonnés notre société. A cela s’ajoute, l’illettrisme des populations et le manque d’information de la part des gouvernements qui provoque des lacunes sur la connaissance des lois et des droits humains, des enfants et des filles.
Sur le rôle de la société patriarcale longtemps existée…
L’ordre longtemps fondé sur la paternité. Le patriarcat est un système social dans lequel l’homme, en tant que père, est dépositaire de l’autorité au sein de la famille ou, plus largement, au sein du clan. La perpétuation de cette autorité est fondée sur la descendance par les mâles, la transmission du patronyme et la discrimination sexuelle. Les femmes sont subordonnées à l’homme qui possède l’autorité : le père, le mari ou à défaut le frère.
LES CONSEQUENCES FÂCHEUSES
Les mariages forcés et précoces des filles, les violations et maltraitances, la déscolarisation accrue des filles, la perpétuation du statut inférieur des femmes et de la pauvreté, les grossesses précoces des filles entraînant des risques sur la santé des filles, la marginalisation et la stigmatisation des filles.
QUE FAUT-IL FAIRE ? SCOLARISONS LES FILLES ET EXIGEONS POUR ELLES LA QUALITE
La scolarisation des jeunes filles constitue un élément essentiel de leur accès à l’autonomie économique et de leur émancipation. Elle est en net progrès dans le monde, mais de forts écarts persistent selon les régions. Bien éduquer une fille par sa scolarisation, l’amène elle-même à lutter contre l’inégalité, à participer activement et de manière égalitaire dans la société, à prendre les meilleures décisions qui concernent son corps et son futur, à lutter pour la justice et des opportunités égalitaires et à se battre pour la protection contre les violences liées au genre.

AUX FILLES L’EGALITE,
C’EST AUJOURD’HUI, C’EST TOUJOURS.
C’EST UN PLAIDOYER MANIFESTE.
